les brèves intimes de Spenser Duval

18 mars 2019

"55 heures à Paris" de Camille Chardon

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Les 55 heures à Paris

 de Camille Chardon

Certes Camille Chardon ne s'embarrasse guère des ponctuations et autres formulations littéraires mais l'auteur n'en a cure car son but est ailleurs...il narre sans discontinuer ses fantasmes au travers de personnages multiples regroupés en une bonne bande de copain.

"55 heures à Paris" est un livre érotique plutôt rare car les thèmes abordés le sont dans notre littéature adorée. Sous couvert d'une (plus ou moins) domination féminine, Camille raconte son caudalisme à lui Et sa vision de l'homosexualité féminine comme masculine. Il y parle surtout de voyeurisme souvent humiliant et violent ou l'oeil et la focale s'imbriquent l'un avec l'autredans un jeu de poupée russe bien foutu. 

Le livre va à l'essentiel. L'auteur veut mordre là où son propos le porte: ses fantasmes les plus fous et les plus incroyables. Et il le construit au travers d'un grand nombre de personnages bien ancrés et parfaitement identifiables. 

Camille, le personnage principal sorte de double fantasmé de l'auteur, va subir les ordres  et vexations humiliantes du reste du groupe. Et pourtant tous les personnages ont bon fond. Il y a même, et malgré les nombreuses scènes d'humiliation, un petit côté "happy film" dans leurs constructions à toutes et tous jusqu'à la fin pétri de bon sentiment et d'amour mutuel. 

Si j'ai regretté parfois un côté trop lapidaire dans certaines scènes qui se cloturaient trop vite ainsi que le choix d'une narration privilégiant la vitesse aux normes d'écriture en vigueur, j'ai adoré l'emploi du "tu" pour l'un des personnages (comme quoi ça peut fonctionner) et ce choix de style à vouloir être incisif et rapide ( comme quoi je ne suis jamais content).

J'ai donc passé un excellent moment en me disant que Camille Chardon a réussi son premier coup et en pensant  que c'est de bonne augure pour le prochain s' il nous laisse un peu souffler dans le prochain ( et pour cela les règles de narration sont parfaites pour le permettre).

 

Merci Camille pour ce joli moment...

 

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10 mars 2019

"Rose noir" de Jessika Lombar

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Rose Noir

de Jessika Lombar 

 

Très chère Jessika Lombar

J'ai adoré votre livre "Rose noir".

Je peux même l'avouer, c'est un vrai coup de coeur.

 

D'abord votre style. On la croit simple, fluide dans le déroulement alors qu'il ne l'ait pas. J'ai ressenti un travail de fond, une vrai maîtrise de notre si jolie langue qui permet une narration tout en sensibilité et sans retenue...

La preuve? Vos passages toujours réussis sur les fragrances.  Oui, les odeurs sont des déclenchements de désirs aussi denses que l'image. Et même peut être plus d'ailleurs. Il est rare qu'un auteur érotique décrive aussi bien les parfums érectiles avec tant de finesse et de simplicité. Je pense surtout que peu s'y hasardent car l'exercice n'est pas simple.  Vous, non. Au contraire.  Et on ressent l'importance du parfum dans votre sexualité.  

Évidemment vos passages érotiques sont des petits cadeaux. L'érotisme est une chose intime. Ce qui fait picoter l'échine de certains ne le fera pas pour d'autre. Voilà pourquoi, nous lecteurs, avons nos préférences de plumes. Sachez le, Jessika vous êtes devenue l'une de mes préférences.

Mais ce que j'ai aimé par dessus tout, c'est l'alternance des chapitres érotiques avec ceux de la vie de tous les jours, les grandes difficultés que l'on rencontre et les combats physiques et psychologiques que l'on doit mener pour celui ou celle qu'on aime ou pour soi meme contre son propre corps.

Car ceci est là vie. Car ceci est le besoin de vivre pour lutter contre le périssable et le besoin.

Votre livre parle donc du corps ( du votre en l'occurrence mais pas que) de ses besoins, de ses pulsions, de ses combats, de ses défaillances....et, parce que tout cela, de son besoin de jouir pour se libérer.. .

 

Bref,

Un grand bravo. Jessika

 

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22 février 2019

"Metro, Boulot, Dodo" d'Aurore Baie

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"Métro Boulot, dodo"

De  Aurore Baie

 

Objet: demande de remboursement. 

 

Cher Mr l'éditeur,

 

Que je vous explique. J'ai un problème de culasse. Ma moto est donc démontée et je dois prendre le RER pour aller embaucher. 

 

Et dans une ambiance aussi grise que peut l'être un wagon de banlieue, j'ai adapté mes lectures. Druon, Spillane ou Malet, tous mes romans sont pessimistes, noirs, tristes.  Il faut cela pour être en harmonie avec les autres voyageurs qui font grise mine, pas tout fait tibulaire mais presque. 

 

Hors, dernièrement j'ai lu "Métro, boulot, dodo" de Aurore Baie et, patatra, j'étais inondé de bonheur alors que tous les autres étaient mornes. Comprenez, Mr l'éditeur, qu'être tout arc en ciel vêtu alors que les autres sont sombres ne peut être acceptable.. 

Car j'ai ri beaucoup trop, presque à chaque page. Parfois, rire de l'esprit ( ce qui n'est pas genant dans un groupe d'inconnus ), parfois glissement de joie entre les deux dents....mais, et c'est la le drame, presque toujours fou rire incontrôlable! Et ça, non!  

Car Aurore baie filtre les petits moments de bonheur de sa vie pour les sublimer dans un style concis et rythmé en diable. Elle fait mouche à chacune de ses chutes drolatiques, nous fait réfléchir, sans que l'on n'y prenne garde, à la condition de femme et de mère et de compagne. Sans être féministe, elle apporte  un point de vue personnel sur la femme d' aujourd'hui... Et c'est bougrement génial, diablement convaincant.

Mr l'éditeur il faut prévenir vos lecteurs qui liront ce livre. Je vous propose ces mises en garde suivantes: 

" Attention, ce livre vous fera rire souvent sans que vous y preniez garde " ou encore  " Attention, la consommation de ce livre vous fera rendre incroyablement  heureux " ou enfin " Lire ce livre peut vous faire réfléchir sur votre propre existence d'homme, de père et de compagnon" ( et pour cette dernière mise en garde, je vous expliquerai mieux cela sur mon prochains posts)..

Hors , Mr l'éditeur,est-il normal d'etre gêné à  rire fort et d'être heureux devant un parterre de voyageurs gris et monotone ? Est il légitime de réfléchir sur soi à cause de ce même livre alors que l'on a pas que ça à faire dans la vie ? Je vous rappelle notamment que j'ai une culasse à acheter et à monter sur ma petite moto. 

Bref, Mr l'éditeur, je demande le remboursement de cet achat car vous n'avez prévenu de tout ce remue ménage qui désormais fait parti de moi.

 

Cordialement 

Spenser Duval

 

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20 février 2019

Brève intérieure ?

Mon dieu ! 

Ça pousse!

Plus ça va et plus je deviens hirsute. Les babines pleines de poil, le cou badigeonné de roux et la barbiche que la chevillette cherera!

 

Mon dieu!

Que m'arrive-t-il?

Je me cache sous la touffe. Je me dissimule sous un quintal de toison! Moi qui est presque le corps tout imberbe mais secret sous d'epais pull en poil de Nubuc, le visage (seul parti que l'on voit) est presque tout entier à l'abri des regards indiscrets.

Est-ce une manière de dire: je quitte le monde, je m'hermite, je demeure dans ma grotte malgré la foultitude du RER, de la capitale qui passe et rapace autour de moi.  

Et comme tout moine, je prie. Non pas pour un monde meilleur. Je suis désabusé et égoïste.  Mais je prie juste à une future vie meilleure. La mienne. Point.

 

Elle vient.

Bientôt. 

J'ai tout mis en place. Il suffit désormais de patienter. 

Alors j'entre dans les voeux. Je dois apprendre la patience, la sérénité, le detachement. Je me dois d'apprendre tout cela et les autres valeurs que prodigue le contemplatif religieux car je suis colerique, agressif, monomaniaque. 

Pas de cette violence qui fait l'homme horrible. Non. J'ai des coups de sang à cause de mon impatience.  Alors je dois me recentrer encore et encore. Je dois savoir dire "non". Et je dois savoir aussi me taire. 

Et pendant ce temps de prière, la barbe poussera comme pour me dire face au miroir: il y a des chemins plus dur que d'autres. Le chemin intérieur l'est. Transforme toi pour te faire oublier...

 

Et évidemment si vous avez des pistes d'apprentissage..

Je suis preneur....

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18 février 2019

Rêve générale

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Rêve générale 

 

Nous sommes tous là et on ne regarde qu'eux.

Slogans et chansons, le peuple est en colère.

Ils n'avaient pas froid, les yeux dans les yeux,

Leur amour sur l'goudron, en pleine lumière.

 

Nos banderoles flambloient dans le ciel laiteux,

Souvenirs utopiques de marteau et faucille.

L'espoir est là car s'embrassent deux amoureux

De par la république, près de la Bastille.

 

Son joli minois illumine de mille feux.

Contre son jules,  elle rêve d'un autre monde.

Blottie dans ses bras, l'avenir est si radieux.

Pour que tout bascule, elle sera toute ronde.

 

La foule se déploie contre les messieurs

Qui font beaux discours et se baffrent d'oseille.

Nous sommes tous là et on n'admire qu'eux.

Il lui parle d'amour, en murmure dans l'oreille.

 

Et abracadabra, ils ont quitté les lieux.

Nageant dans cet océan assoiffé de justice.

Ils avaient la foi de ceux qui sont heureux,

Tout en se bécotant devant la police.

 

Je me souviens parfois de ce temps si bleu,

Ou vers Sebastopol, j'embrassais Camille.

Ils étaient tous là, on était yeux dans les yeux.

Je porte sur les épaules notre petite fille.

 

Spenser Duval

2012 DR

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15 février 2019

Brève de décembre

 

( brève violente limite dépressive. A ne pas lire si vous souhaitez rester en joie. Mais ceci est mon journal intime et il fallait que ça sorte de moi par l'ecrit)

 

Cela vous arrive de ne plus vous reconnaître dans le miroir? 

De voir une personne détestable dans vos propres yeux? 

De ressentir des émotions si négatives en vous et qui durent, durent dans votre echine et jusqu'au tréfonds de votre coeur?

 

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Les disputes ne cessent. Je crois que  je crie tout le temps. Et les coups portés en parole acide vous marquent au fer, vous transforment car si elle vous le crie aussi, c'est que c'est forcément vrai. Puisque ce que vous lui criez et  forcément vrai.

Désormais, je suis habillé de salop et d'ordure.  Et je le suis. Comment puis je me comporter de la sorte?  Comment puis je lui hurler ces morceaux de haine? Parce qu'elle m'en hurle tout autant ? Cela suffit à légitimer mon comportement?

Ne plus être soi est la pire des sensations. Ne  plus se reconnaître et détester l'homme que l'on devient est une horreur à regarder dans un miroir. Peut  être est ce pour cela que je ne me rase plus.. ..pour éviter de me regarder trop longtemps.

 

Et le pire est être face à un mur , plein de haine, et n'avoir aucun échappatoire, ni aucune once de solution possible. Ce qui implique que ta transformation en homme détestable continuera inexorablement jusqu'à la date butoire, jusqu'au jour où sur le compte y aura suffisamment pour te barrer sereinement.

Et lorsque ce jour beni arrivera, tu ne verras plus grandir tes enfants qu'une fois tous les quinze jours. Et, en plus, il faudra tout reconstruire à l'intérieur de toi. Parce que plus tu atttends la date et plus ça détruit. Et tu penses bien que c'est déjà pas boen jojo depuis tout ce temps..

Je suis sur que la reconstruction  va durer une plombe vu que j'ais pas vraiment fait l'état des lieux du bousin depuis un bout de temps. C'est peut être pour ça que je n'aime pas vieillir: je ne me reconnais plus. Y a un vrai chantier qui va durer pour me reconstruire....

 

...Et je serais un père absent.

Ps: 2019  ne me fait pas rêver

 

(Texte écrit en décembre 2019)

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14 février 2019

Brève dans ma caverne

 

Fait pas froid mais fait gris...

Là, je m'enterre. J'hiberne... La faute aux fête de fin d'année. J'aime pas ça.

 

Y a bien noël et j'ai des enfants en bas âge alors ça sera sympa de voir leurs yeux plein de joie lorsqu'elles ouvriront leurs cadeaux sous le sapin illuminé.

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Mais me gaver de dinde au marron, de foie gras et de bûche dégoulinante de chocolat, je peux plus. Avoir la panse pleine à te faire somnoler 24 h durant, je peux plus. 

Mais le pire pour moi, c'est la saint sylvestre.  Se claquer la bise en espérant que la future année soit heureuse par le truchement du hasard et de la bonne étoile. Ça, c'est au dessus de  mes forces. Devoir avoir l'obligation de faire la fête juste parce que le dernier chiffre passe de 8 à 9, devoir boire et danser et devoir tenir jusqu'à tard dans la nuit parce que tu passes pour un baltringue si tu vas te coucher à minuit dix (parce qu'avant minuit , t'as pas le droit, tu penses bien vu que ça se fait pas), C'est trop pour moi. 

Alors oui je déprime depuis déjà 10 jours. Je me terre au fin fond de mon subconscient.  Je contacte personne. Je réagis à rien. J'annule tout. Là je cours dans les magasins bondés pour acheter des cadeaux pour des oncles et tantes que je connais à peine. La course au consumérisme effrénée, c'est pas ma tasse de thé.  

Surtout quand tu es obligé de le faire parce que c'est comme ca. Tu te peux pas y couper. Tu vis bien en société? Donc t'es obligé  de suivre les règles édictées par cette bondieu de société qui te fait croire qu'acheter c'est bien. Et même si tu trouves toi que c'est pas bien, tu te tais et tu files droit. Tu achetes et tout le monde sera content.. .BFM TV, le gouvernement, les multinationales et ta tante  Véronique ou ton oncle....merde...comment il s'appelle déjà? 

-"Béééé"!!!!!

Voilà le mot d'ordre en cette période de fête.  Panurge n'a qu'à bien se tenir. 

 Je sais.

Ça fait très vieux con aigri lorsque l'on ecrit tout cela. Tant pis...

 

Bref j'attends patiemment que le 2 janvier se pointe. 

 

(Ce texte a été écrit en décembre 2018)

 

Je ressortirais alors de ma caverne. Je reposterais plein de trucs marrants et sympas sous vos articles.  J'agirais à nouveau selon mon libre arbitre. 

 

Mais là  je m'enterre, j'hiberne..

Pis même s'il fait pas froid, il fait quand même gris....

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12 février 2019

Brève de poil et de jaune

Brève de poil et de jaune,
Samedi, à 200 mètres du barbier, quartier Saint Lazare, les casseurs ont fait du pieds-vitrine pour faire leurs emplettes de Noël. Un jour, ils n'auront plus besoin de justifier leurs manière de faire les courses par le biais d'une manifestation quelqu'onque. Ils n'auront qu'à se pointer, un soir, tous ensemble après s'être mis d'accord et ce sera big black friday. Les cons, ça ose tout et c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît. 
A 200 mètres du barbier, place de l'opéra, les CRS ont chargé en offrant au public tout de jaune vêtu quelques gaz lacrymoniaux. Les modestes, visiblement ne pleurant pas assez de devenir carrement pauvres dans une société ultrariche, ont été aidés, par les forces de l'ordre, à pleurer encore un peu plus.
Et, pendant ce temps,  je suis allé chez le barbier.
Il faut dire que je ne regarde plus les chaînes infos. Le sensationnalisme du vide et du direct sans réflexion m'exaspére.
 
Je préfère l'info papier. 
Les journaux vous informe de ce qui s'est passé la veille. C'est plus reposant, moins ingurgitatif et surtout vous pouvez choisir vos articles, faire des pauses, réfléchir. Je ne suis pas une oie que l'on gave de ce que les bien-pensants veulent me saturer d'émotions epidermiques.

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A 200 mètres, il y avait des chars dans la capitale et je m'en foutais. Car  j'avais une serviette chaude sur le visage, allongé dans un fauteuil qui me dorlotait de toute sa tendresse de cuir.
De l'autre côté de la rue, ça s'insurge et moi je m'assoupis. Je suis dans une alcôve ou l'on prend soin de moi. Je garderais ma barbe ces prochains mois juste pour revenir encore dans l'alcove feutrée du barbier.
Et pendant que mon nouveau copain à barbe et tout tatoué  retire la serviette de mon visage pour finir les derniers poils hirsutes avec sa lame, il rigole:
-" Vaut mieux pas que je tressaute et l'ambiance de dehors n'aide pas!"
Et exactement à ce moment, des gens courent dans la rue en hurlant poursuivi par une voiture de police au deux-ton furibard!
Mais il ne tressaute pas. Lui aussi en a rien a foutre. Il continue son boulot.
Ce qui se passe au dehors m'est egal, parce que je sais que quoi qu'il arrive, c'est la fin de notre monde. La fin d'une civilisation. Les moins pauvres paieront pour les plus pauvres. Les ultrariches, eux, continueront a être encore plus riche. Et pis c'est tout. 
"La lutte des classes  est fini et nous avons gagné" a dit Warren Buffet.  
Et il a raison. 
Tant que le citoyen rêvera d'avoir du pouvoir d'achat juste pour acheter la nouvelle télé écran plat ou le dernier portable en vogue, il aura raison....
Mais, j'acheterai quand même un journal demain pour savoir et pour pas passer pour un total blasé devant la machine à café.
(Texte écrit en Décembre 2018)

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10 février 2019

Une autre brève lyonnaise

Une autre brève lyonnaise,
J'avais tellement pris goût à être homme de ménage dans ma garconniére que je pratiquais le balai et la pelle, avec la fébrilité de l'homme passionné et cela un peu tous les jours.
 
C'était devenu une ch'tite manie qui me faisait du bien. J'avais aussi une autre manie presque prise dès le début de mon séjour à lyon:  celle de me trimbaler à poil dans mon chez moi. Je cumulais donc les deux avec un petit plaisir coupable.
Par exemple,  je m'adonnais au passage de la serpillière sous les meubles (Et tout à la main evidemment) bien trop souvent pour qu'il y ait le temps nécessaire à la dépose de la moindre particule de poussière.  Tous les angles les plus lointain des meubles qui m'obligeaient à être a quatre pattes étaient sans aucun doute les détails les plus propres de mon studio. 
Recurer m'éclatait! Être à genoux face aux latrines m'excitait grave. Avoir la tête dans la baignoire aussi. Car j'aimais ressentir mes fesses en goutte de pluie bien en l'air et bien à l'air aussi.
Avoir les doigts pleins de mousse après une vaisselle. Epousseter au plumeau les objets décoratifs sur les meubles. 
Tout cela est bien bête, je l'avoue, mais je m'emoustillais tout seul, comme un grand, à être un fervent homme de ménage tout nu. 
Et j'adorais rêvasser à mon amoureuse imaginaire  qui, tranquille assise sur le canapé à lire un recueil de poésie, scrutait d'un regard, à la fois inquisiteur et tendre, mon travail d'homme de ménage et mes contorsions les plus osées et coquins pour parvenir à finaliser les opérations de nettoyage de manière optimale.  
Même pour repasser, je n'avais pas peur de faire cuire mon bout de chorizo contre le fer rougeoyant.

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C'est lors d'une séance de repassage d'ailleurs que je découvris que j'avais une fan. Il faut dire que j'étais au second étage et que je travaillais face à ma baie vitree tout en dansant sur la musique qui deglutissait de ma chaîne hi-fi. 
Surpris par une lumière intermitente, je portais mon regard sur l'immeuble d'en face. Derrière une fenêtre, il y avait une paire de jumelle et derrière elle, il y avait une vieille dame. Je lui fis coucou de la main et elle en fit de même....
Un peu gêné, j'ai fermé les rideaux. Mais les jours suivant, j'ai continué mon manège sans le faire. Elle devait avoir une petite retraite et ne pouvait donc guère aller au spectacle.
Ainsi pendant les trois mois qui suivirent, j'avais un public. Je jetais un oeil pour savoir si elle était à son poste. Parfois elle y étais et parfois non. 
Mais à chaque fois nous nous faisions "coucou "avec un grand sourire.
(Petite histoire vécue il y a bien longtemps)

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08 février 2019

Une leçon de vie trés brève

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Une leçon de vie très brève
(Une première brève lyonnaise)
 Il y a fort longtemps, j'ai rencontré une très jolie jeune fille un soir de bringue dans les bouchons lyonnais.
Je portais ma chemise de sortie en boîte et mon pantalon de sortie en boîte. Et, comme j'avais trois kopeck de côté, j'en profitais pour sortir tout ce tissus plié religieusement pour, devinez quoi?  Sortir en boîte.
Il faut dire que j'étais, à l'époque, en école pour devenir électricien industriel. J'avais un petit studio avec 4 ou 5 meubles dedans tout depareillés.
Bref,
Nous avions danser ensemble assez sauvagement et nous avions un peu bu aussi. Et nos langues se sont mélangées très vite.
Tout habillée de sophistiqué et girly jusqu'au bout des ongles, elle était de passage sur la capitale des gaules. Elle avait dix ans de plus que moi (mais je n'etais pas bien vieux à l'époque). Il fallait donc aller chez moi et fissa parce qu'elle avait envie et qu'elle était de communion d'une cousine, le lendemain.
Nos voitures se sont suivies jusqu'à ma garconniére. Et nous nous sommes tant jeter dessus, dans les escaliers du petit immeuble, que je tenais, dans la main, son soutien gorge. Et lorsque j'ai ouvert la porte de mon chez moi, elle tenait, dans la sienne, ma chemise.
C'est au centre de ma pièce à vivre qu'elle cessa tout geste passionnel en se mettant sur le qui-vive, comme pour ceux, j'imagine,qui vont vivre un crash aérien, un feu d'appartement ou, pire, devoir voter Emmanuel Macron au second tour des élections présidentielles. 
Elle était à l'arrêt, le nez aux aguets. 
Il faut dire que, de mon canapé lit tout défait, une odeur de Fennec avariée au Maroille se dégageait de mes draps; une montagne de vaisselle moisie dans l'évier croupissait dans les eaux noires du Mordor et, croissant dans une foret amazonienne de poussière, une civilisation de bacterie en etait à coloniser ma salle de bain car en surpopulation partout ailleurs.
Elle reprit aussi sec son soutif et, tout en me claquant une bise, me dit:
-" Chéri, ça va pas être possible!"
Et juste après,  la porte de mon chez moi se fermait  derrière elle.
Suite a ce rateau, dès le lendemain, j'ai acheté ma premiere pelle et mon premier balai. Puis ensuite un seau, une serpillière et même des produits d'entretien pour la porcelaine des latrines. 
Petit à petit, j'ai pris goût à être homme de ménage et mon petit studio devint rutilant. Je devins si passionné du sous neuf que j'achetais table et fer à repasser. 
Que c'est bon d'entrer chez soi avec cette plénitude de l'homme propre et la sérénité de celui qui peut inviter (pour baiser) à tout moment. Je dois même avouer qu'être un homme de ménage est un argument de drague véritable, une sorte de plus value. Car lorsque la demoiselle rentrait chez moi, il y avait souvent une sorte de surprise joyeuse sur leurs visages. Du style " ça au moins il sait faire".
Alors Mesdames les maîtresses, si vous punissez votre soumis en les obligeant à faire le ménage, sachez que cela ne marche pas avec bibi car bibi il adore  grave ça....lustrer et bichonner.
Et tout cela grâce à une inconnue qui a tourné des talons me laissant sur la béquille.. 
Belle demoiselle,
Je t'en remercie....
(Petit histoire vécue il y a bien longtemps)

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